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La surface de l'océan est une symphonie de lumière. Le matin, elle se pare de rose pour accompagner les teintes délicates du jour naissant. Le soir, elle se teint d'ores et de pourpres, afin de saluer dignement le soleil agonisant prêt à s'abîmer en elle. La nuit, elle se fait suaire argenté, et couvre de ses plis ceux qui ne sentiront plus jamais la fraîcheur du vent sur leurs visages.

Elle est l'amie des marins, leur mère et leur amante. Elle leur révèle l'emplacement des bancs de poissons par de subtils troubles de son écume. Par ses tourbillons, elle les met en garde contre les écueils. Enfin, elle garde leurs secrets les plus terribles. Elle s'entrouvre avec langueur pour accueillir ce qu'ils jugent bon de lui donner, l'engloutit, et ne demande jamais rien en échange de son silence.

Les marins vénèrent la surface de l'océan. Tout comme ils craignent ses profondeurs. La où les courants pernicieux se forment, où se tapissent les monstres, où disparaissent à jamais les âmes perdues. C'est pourquoi jamais ils ne passeraient un autre marin sur la planche. Ce châtiment est réservé aux femmes. Une femme n'a rien à faire sur un bateau. Une femme sur un bateau a forcément fauté. Ce n'est que justice, se disent-ils en se détournant pour ne pas voir le corps mat heurter les flots.  

De fait, une femme n'a que faire d'un bateau. Femme est fille de l'eau. Elle ne le sait juste pas encore. Lorsque la surface éclatante du soleil de midi se referme au-dessus d'elle et qu'elle sent les fers enserrant ses poignets la traîner vers des ténèbres plus noires encore que les cœurs des hommes qui l'ont sacrifiée, lorsque le froid l'étreint, telle une entrave supplémentaire, et que malgré ses efforts désespéré, l'air qu'elle tente de conserver en elle s'échappe par son nez, sa bouche, les pores de sa peau, son être tout entier se cabre devant la mort qui s'étend, insondable, tout autour d'elle.

Elle n'a jamais connu que le sol, âpre et chaud, sous ses pieds, et le ciel, immense , au-dessus d'elle. Elle n'a pas sa place dans ce monde de silence, où le soleil n’apparaît que sous la forme d'un disque lointain et froid, ses poumons en feu le crient.

C'est alors qu'elles arrivent, souveraines, des profondeurs abyssales. Leurs cheveux ondoient  sous la caresse des courants. Leurs lèvres sont de corail, et leurs ongles aussi délicats que des perles. Elles se massent autour de la nouvelle venue. Froides, caressantes. Elles étreignent ses épaules et sa taille. Elles pressent leurs écailles contre ses jambes nues, mettant un terme à leurs gesticulations désespérés. Hush, petite sœur, murmurent-elle. Hush. Il est trop tard pour lutter.

Leurs queues puissantes l'entraînent, plus sûrement que ses entraves, à travers les ténèbres. L'air s'échappe de sa bouche par goulées entières. Son corps s'arc-boute. Hush, petite sœur, murmurent les sirènes. La douleur passera.

L'eau pèse de tout son poids sur son corps malmené. Elle voudrait abandonner maintenant. Ecouter leurs voix, rendre les armes. A quoi bon lutter ? Susurrent les dents de nacre. A quoi bon geindre et pleurer ? La mer n'a pas d'oreilles. Tes larmes se perdent dans l'immensité salée.
Mais l'air refuse de quitter ses poumons. La brûlure s'étend dans sa gorge, dans sa langue, derrière ses yeux.

Alors ses sœurs ont pitié. Elles enserrent sa poitrine. L'une après l'autre, leurs bouches se posent sur la sienne. Elles aspirent les bribes d'air qui retenaient encore le souvenir de la surface en elle. Leurs doigts fins pèsent sur ses épaules et ses hanches. Elles l'emportent avec elle, toujours plus profond, désireuse d'abréger le supplice qu'elles-mêmes, en leurs temps, ont subit.

Dans l'indifférence des ténèbres, les entraves cèdent. L'eau envahit sa bouche, son nez sa gorge. Dans la même goulée, elle meurt et renaît. Ses lèvres s'écartent en un sourire. Elles ont pris la teinte du corail, de même que ses yeux ont maintenant la clarté de la nacre. Ses cheveux ondoient dans les courants au même rythme que ceux de ses sœurs. Ses jambes se resserrent et s'unissent, en partant de sa taille, pour ne plus former qu'un seul membre, orné d'écailles diaphanes. La nouvelle sirène arrache les guenilles qui restent accrochées autour de son torse. Ses sœurs applaudissent cette nouvelle naissance, et, d'un seul mouvement fluide, la propulsent à leur suite, dans le sillage du bateau.

- Maintenant, petite sœur, murmure l'une d'elle à son oreille, maintenant vient le temps du châtiment.
La rue descendait en pente douce vers le port. Ivraie suivait une ligne qu’elle seule arrivait à déceler dans le méandre formé par les rainures des pavés. Elle gardait son regard résolument baissé, s’écartant occasionnellement de sa voie pour laisser la place à une chariette de produits frais en route vers les dépôts, ou à des passants trop concentrés sur eux-mêmes pour la voir. Peu de gens étaient dehors, à cette heure de la journée. La chaleur de la mi-journée se faisait étouffante, prête à tourner à l’orage si le vent du large ne se décidait pas à souffler. La lumière frappait les pierres de la ville avec une cruauté étincelante qui semblait ne jamais décroître, où que se pose le regard. Les ombres reculaient jusque dans les ruelles, et se tapissaient là, sifflant leur rage et leur impatience de voir la nuit enfin arriver.
Ivraie préférait ce moment par-dessus tous. Les rues vides, mêmes écrasées de soleil, lui offraient un soulagement semblable  à celui une brise marine. Petite forme noire presque noyée dans cet océan de lumière blanche, elle disparaissait presque entièrement. Lorsqu’elle sortait le matin, où en début de soirée, lorsque les rues étaient encombrées de passant, flânant dans la fraîcheur ou filant vers une destination, lorsqu’elle devait se frayer un chemin à travers les coudes et les canes qui encombraient le trottoir, il lui semblait qu’elle encombrait le passage, qu’elle occupait trop de place, déjà, malgré le fait qu’elle n’avait pas fini de grandir. Qu’elle était soudain jetée au milieu d’un torrent, arrachée à une rive où elle aurait dû rester assise, en spectatrice. Elle n’avait pas sa place là.
Ivraie n’en avait jamais parlé à Malou. La vieille femme ne cessait de répéter qu’elle n’était pas une personne, car elle n’avait pas de cœur. Penser qu’elle puisse lui accorder le bénéfice du doute quant à la possession d’une âme propre, ou juste d’émotions, était illusoire.
La rue
La fin du monde est proche, j'ai écrit quelque chose !
J'expérimente pas mal en ce moment, entre deux tentatives de maîtriser deux langues à fond. 
Loading...
Parce qu'il n'y a pas de raison de ne pas en faire profiter les autres.

Hier soir, j'ai écrit un adorable petit texte nommé "La Ville, La nuit", qui, selon quelques personnes... tend un poil vers la paranoïa (quelle idée, n'est-ce pas ? Vous me connaissez, je ne suis pas paranoïaque, c'est le monde entier qui est contre moi !).
Bref.
Dans ce texte il y a de petites créatures pour le moins malignes.

Leur nom est caché quelque part dans le texte. Ce sont deux mots qu'on peut relier pour n'en faire qu'un.

Saurez-vous le trouver ? :D

Le gagnant gagne mon estime (la classe, hein ?).

Vous pouvez m'envoyer vos réponses par mail/skype/Fb selon là où on se cause d'habitude.
  • Listening to: Walk Off The Earth Kama Police
  • Reading: Outsiders
  • Watching: Stardust
  • Playing: My mad Braaaaaaaaaaain
  • Eating: A cat
  • Drinking: Tea, as always.

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Comments


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:iconoorigami:
Oorigami Featured By Owner May 9, 2013  Hobbyist General Artist
Thank you dear
Reply
:icon3penproblem:
3PenProblem Featured By Owner Apr 13, 2013  Hobbyist Traditional Artist
Thanks a lot for the fave :boing:
Reply
:iconparchemin:
Parchemin Featured By Owner May 7, 2013
My pleasure :hug:
Reply
:iconyeril:
yeril Featured By Owner Mar 21, 2013
Merci pour le fav sur mon cyborg :)
Reply
:iconparchemin:
Parchemin Featured By Owner Mar 22, 2013
Avec plaisir, je l'ai trouvé particulièrement marquant ^^.
Reply
:iconoorigami:
Oorigami Featured By Owner Mar 6, 2013  Hobbyist General Artist
Thank you Sis'
Reply
:iconparchemin:
Parchemin Featured By Owner Mar 7, 2013
No problem, sweetie :D
Reply
:iconyllya:
yllya Featured By Owner Nov 1, 2012  Professional Digital Artist
Merci pour le watch :)
Reply
:iconparchemin:
Parchemin Featured By Owner Nov 3, 2012
De rien ^^
Reply
:iconsmokeroad:
smokeroad Featured By Owner Sep 9, 2012  Hobbyist General Artist
thank you for the fave :)
Reply
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